On parle souvent de « la CGT » comme d'un bloc. En réalité, la CGT, ce sont d'abord des syndicats : des collectifs de salarié·es, sur le terrain, qui décident eux-mêmes de leurs revendications et de leurs actions. Voici, simplement, comment ça fonctionne.
Un syndicat, c'est quoi ?
Un syndicat CGT de cheminots rassemble les syndiqué·es d'un même territoire : une gare, un groupe de sites, un technicentre, un bassin d'emploi. Tous les métiers s'y retrouvent, sédentaires et roulants, statutaires et contractuel·les, de l'exécution à l'encadrement. Les retraité·es y gardent leur place, dans leur section.
C'est la base de la CGT : c'est là qu'on adhère, qu'on paie sa cotisation, qu'on débat et qu'on décide. Le secteur Paris Nord compte 12 syndicats, de la gare du Nord à Beauvais.
Défendre
Accompagner chaque cheminot·e face à la direction : entretien, sanction, notation, mutation, droits non respectés.
Revendiquer
Construire avec les collègues les revendications sur les salaires, l'emploi, les conditions de travail, et les porter jusqu'à la direction.
Agir
Informer, mobiliser, organiser les actions et les grèves quand c'est nécessaire, présenter des listes aux élections CSE.
Former
Donner à chaque syndiqué·e les moyens de comprendre et d'agir, avec la formation syndicale.
Qui décide ?
Les syndiqué·es, et personne d'autre. Dans un syndicat CGT, chaque adhérent·e a voix au chapitre :
- les assemblées générales de syndiqué·es débattent des revendications et des actions ;
- le congrès du syndicat fixe les orientations et élit la direction : une commission exécutive, un bureau, un·e secrétaire général·e, un·e trésorier·e ;
- celles et ceux qui représentent le syndicat (élu·es CSE, délégué·es, représentant·es de proximité) agissent avec un mandat et rendent compte de ce qu'ils font.
Les militant·es ne sont pas des « professionnels » à part : ce sont des cheminot·es comme les autres, qui donnent de leur temps à l'action collective.
Comment s'organise la CGT ?
Chaque syndicat est relié à la CGT de deux façons : par sa profession, avec les autres cheminot·es, et par son territoire, avec les salarié·es de toutes les professions.
Avec les cheminot·es
- Ton syndicatles syndiqué·es de ton territoire
- Le secteur fédéral Paris Nordles 12 syndicats du secteur : coordination, formation, CSE, CASI
- La Fédération CGT des cheminotstous les syndicats de cheminots de France, le congrès fédéral
Avec toutes les professions
- Ton syndicatle même !
- L'Union localeles syndicats CGT d'une ville ou d'un bassin, toutes professions
- L'Union départementaleles syndicats CGT du département (Paris, Seine-Saint-Denis, Val-d'Oise, Seine-et-Marne, Oise)
Les ingénieur·es, cadres et agent·es de maîtrise ont aussi leur outil : l'UFCM-CGT (Union fédérale des cadres et maîtrises). Dans la plupart de nos syndicats, l'UFCM est une section du syndicat ; à Paris Nord, l'UFCM est un syndicat à part entière.
La cotisation et l'indépendance financière
La cotisation est fixée à 1 % du traitement ou du salaire de base, et 66 % de son montant te sont remboursés en crédit d'impôt, même si tu n'es pas imposable. Calcule ta cotisation →
Pourquoi c'est si important ? Parce qu'un syndicat qui vit de l'argent de ses adhérent·es ne doit rien à personne. Ni à la direction, ni au gouvernement, ni à un parti. C'est ce qui lui permet de dire les choses telles qu'elles sont et de défendre les cheminot·es sans rien demander en échange.
Ce principe est au cœur de la CGT depuis ses origines : la Charte d'Amiens (1906) puis la Charte d'Unité de 1936 affirment l'indépendance absolue du syndicat à l'égard du patronat, des gouvernements et des partis politiques. Concrètement :
- La cotisation fait vivre toute la CGT. Elle est partagée entre ton syndicat et les autres structures de la CGT (fédération, unions locale et départementale, confédération), selon des règles décidées en congrès et gérées par le système confédéral CoGéTise.
- Elle finance l'action : tracts et journaux, matériel, déplacements, formation des syndiqué·es, défense juridique des collègues, solidarité dans les luttes.
- Les comptes sont transparents. Les syndiqué·es les approuvent en congrès, et la loi oblige les syndicats à les publier.
- Plus nous sommes nombreux, plus nous sommes forts : le nombre de syndiqué·es fait le poids de la CGT face à la direction, et ses moyens d'agir.
Les droits syndicaux prévus par la loi et les accords (heures de délégation, locaux, panneaux d'affichage) ne sont pas un financement : ce sont des droits conquis par les luttes, qui permettent aux élu·es de faire leur travail de représentant·es.
Et toi dans tout ça ?
Se syndiquer, ce n'est pas « prendre une assurance » : c'est rejoindre un collectif où ta voix compte autant que celle des autres. Tu peux venir aux réunions, proposer, débattre, te former, prendre des responsabilités si tu le souhaites, ou simplement être informé·e et défendu·e.
« Le syndicat, aujourd'hui groupement de résistance, sera, dans l'avenir, le groupement de production et de répartition, base de réorganisation sociale. »